Un jugement de divorce prononcé à l'étranger (France, Belgique, Espagne, Canada...) ne produit pas automatiquement effet au Maroc : pour le faire mentionner à l'état civil marocain et en marge de l'acte de mariage, il faut obtenir l'exequatur auprès du tribunal de première instance compétent. Le tribunal vérifie notamment que le jugement émane d'une juridiction compétente et qu'il repose sur des motifs compatibles avec le Code de la famille (article 128).
Pourquoi l'exequatur est nécessaire
Sans exequatur, la personne divorcée à l'étranger reste mariée aux yeux de l'administration marocaine. Cela bloque notamment un remariage devant les adouls, la mise à jour du livret d'état civil et certaines démarches successorales ou patrimoniales.
L'exequatur donne au jugement étranger la même force qu'un jugement marocain et permet, si besoin, d'exécuter au Maroc les condamnations qu'il contient, par exemple une pension.
Ce que vérifie le tribunal marocain
- La compétence de la juridiction étrangère qui a prononcé le divorce.
- Le caractère définitif du jugement.
- La régularité de la procédure, notamment la convocation de l'autre époux.
- La compatibilité des motifs du divorce avec le Code de la famille et l'ordre public marocain.
- Pour les jugements français, les règles de la convention franco-marocaine du 10 août 1981 sur le statut des personnes et de la famille.
Procédure étape par étape
- Étape 1 : rassembler le jugement et les pièces, et faire traduire en arabe les documents.
- Étape 2 : donner, si vous résidez à l'étranger, une procuration légalisée à un avocat au Maroc.
- Étape 3 : déposer la requête en exequatur devant le tribunal de première instance compétent.
- Étape 4 : audience, avec les observations du ministère public.
- Étape 5 : jugement d'exequatur, puis obtention de son caractère définitif.
- Étape 6 : mention du divorce à l'état civil et en marge de l'acte de mariage.
Documents à préparer
- Copie certifiée conforme du jugement de divorce.
- Certificat de non-recours ou document attestant le caractère définitif.
- Preuve de la notification du jugement, le cas échéant.
- Acte de mariage marocain ou transcription du mariage.
- Traduction en arabe par un traducteur assermenté et apostille lorsque l'État d'origine est partie à la Convention de La Haye.
- Copie de la pièce d'identité ou du passeport du demandeur.
Délais et démarches à distance
La durée dépend du tribunal saisi, de la complétude du dossier et de la notification éventuelle de l'autre époux. Un dossier complet dès le dépôt évite les renvois.
La présence du demandeur au Maroc n'est en principe pas nécessaire lorsqu'il est représenté par un avocat muni d'une procuration régulière, ce qui convient aux Marocains résidant à l'étranger.
Erreurs fréquentes
- Déposer un jugement non définitif ou sans certificat de non-recours.
- Fournir une traduction non assermentée.
- Oublier la preuve de la convocation de l'autre époux dans la procédure étrangère.
- Se remarier ou engager une succession au Maroc avant d'avoir obtenu l'exequatur.
Questions fréquentes
Un divorce prononcé en France est-il reconnu au Maroc ?
Il peut l'être, mais il faut obtenir l'exequatur auprès d'un tribunal marocain. Le tribunal vérifie notamment la compétence du juge français, le caractère définitif du jugement et la compatibilité des motifs avec le Code de la famille.
Faut-il venir au Maroc pour l'exequatur ?
En principe non. Un avocat peut mener la procédure sur la base d'une procuration légalisée envoyée depuis l'étranger.
Peut-on se remarier au Maroc sans exequatur du divorce étranger ?
En pratique, non : tant que le divorce n'est pas reconnu, l'état civil marocain mentionne toujours le premier mariage et les adouls demanderont la preuve de sa dissolution.
Textes de référence
Les informations publiées sur ce site sont générales et ne remplacent pas une consultation. Chaque situation appelle une analyse de ses faits et de ses pièces.
